18 mai 2012

Grande semaine politique

Lepotentiel Boshab,Lumanu, Koyagialo : premiers ministrables

Boshab,Lumanu, Koyagialo : premiers ministrables (Dessin:Kash)

Boshab,Lumanu, Koyagialo : premiers ministrables

L’examen des contentieux électoraux à la Cour suprême de justice débute sans faute la semaine prochaine. Presqu’au même moment, la nouvelle Assemblée nationale sera convoquée en session extraordinaire pour la validation des mandats des députés élus et la mise en place du bureau définitif de cette institution. Deux événements qui se recoupent avec une influence politique sur l’un et l’autre. Ca s’annonce palpitant.

Le délai de dépôt des recours autour des résultats des législatives 2011 est expiré depuis 48 heures. Ceux qui se hasarderont à aller du côté de la Cour suprême de justice doivent retenir que leur requête ne sera pas prise en considération. Ils n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Ceci dit, la Cour suprême de justice doit passer à l’étape suivante ; celle de l’examen proprement dit des recours. Elle dispose ainsi de deux mois avant de rendre son verdict. Mais déjà, la tâche s’annonce fastidieuse au regard du nombre de députés contestés. Plus de 300 sur les 500 attendus dans l’hémicycle. En plus des requérants quand on sait qu’un député élu a été contesté par trois ou quatre partis politiques, voire des indépendants.

cours de cette prochaine semaine, un autre événement tout aussi important est déjà inscrit à l’ordre du jour. Il s’agit de la rentrée politique avec la convocation de la nouvelle Assemblée nationale. Cette session extraordinaire sera marquée par la validation des mandats des députés élus et de la mise en place du bureau définitif de cette même institution, sans oublier les différentes commissions ad hoc, indispensables au bon fonctionnement de l’organe législatif.

Deux événements importants qui influeront incontestablement l’un sur l’autre. Ils confèrent déjà à cette semaine qui débute dans quelques heures une vraie dimension politique, marquant ainsi la «grande rentrée politique» en République démocratique du Congo.

En effet, plus de trois cents députés ont vu leur élection contestée. S’il arrivait que la Cour suprême de justice, invitée à faire montre de haute responsabilité et d’impartialité, rétablissait dans leurs droits un tiers de députés sur plus de 300 contestés, le paysage politique provisoire subira une profonde modification. Partant, les calculs devraient être revus au niveau de l’Assemblée nationale, et pourquoi pas influer sur la constitution du futur gouvernement. De même, le statu quo n’est pas du tout exclu.

BOSHAB, LUMANU, KOYAGIALO : PREMIERS MINISTRABLES

Dans les états-majors politiques, l’on s’affaire sur cette situation politique qui s’annonce fertile en rebondissements. C’est ainsi qu’il nous revient du camp présidentiel qu’une rencontre importante devrait avoir lieu dans les zones périphériques de la capitale pour que les «faucons et les colombes» de la Mouvance présidentielle parlent d’une même voix. Rencontre qui devrait avoir lieu avant la fin de cette semaine, à Kingakati.

Selon certaines indiscrétions, les discussions porteraient sur la désignation du futur Premier ministre, précédée auparavant par celle du président de l’Assemblée nationale.

En ce qui concerne cette dernière institution convoquée pour ce jeudi 16 février 2012, l’on avance le nom de l’honorable Aubin Minaku, actuel secrétaire exécutif de la Mouvance présidentielle. Cependant, sa candidature ne ferait pas encore l’unanimité, considéré par certains de «modéré » et pas du tout charismatique pour s’imposer devant cette nouvelle dynamique tant au sein de la Mouvance présidentielle qu’à l’Assemblée nationale qu’il aura difficile à gérer. Il aura difficile à maîtriser certains caciques de la MP qui ont tendance à vouloir tout imposer.

En ce qui concerne la primature, trois noms sont avancés : professeur Evariste Boshab, professeur Adolphe Lumanu et Koyagialo, respectivement actuel président de l’Assemblée nationale et secrétaire général du PPRD ; vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, et enfin vice-Premier ministre et ministre des PTT, ancien secrétaire permanent de l’ex-AMP. Ces trois hauts cadres du PPRD accusent une forte personnalité et bénéficient de l’estime de leurs collègues.

Certes, les deux premiers sont rangés dans le clan des «faucons», tandis que le troisième est «colombe». Autant de paramètres qui pourraient peser dans le choix judicieux du Premier ministre.

Mais il y a un élément important à relever. A l’argument que le président Kabila serait invité à prendre en compte les provinces qui l’ont voté massivement, l’Autorité morale de la MP, chef de l’Etat, qui se veut rassembleur, pourrait justement se tourner vers les provinces où il n’a pas réalisé un bon score et effectuer son choix. Question de maintenir la cohésion nationale et de démontrer qu’il a bien pris note du message à son endroit à travers ce suffrage exprimé dans les deux Kasaï ainsi que dans la province de l’Equateur d’où sont originaires le professeur Boshab, pour le Kasaï Occidental, professeur Lumanu, Kasaï Oriental, et Koyagialo en ce qui concerne la province de l’Equateur.

Notons que l’article 78 de la Constitution stipule que «Le président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. Si une telle majorité n’existe pas, le président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois. Le président de la République nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions sur proposition du Premier ministre».

L’esprit de cette disposition voudrait que, contrairement à 2006, le président de la République nomme directement le Premier ministre sans avoir besoin de recourir aux services d’un informateur. La majorité parlementaire s’étant déjà dessinée à l’issue des élections du 28 novembre 2011 – la MP ayant enregistré 341 députés élus – il est clair que le président de la République consulte cette majorité. Mais qui va-t-on consulter exactement au sein de cette majorité ? Ce qui justifierait certainement cette rencontre de Kingakati pour parler d’une même voix.

GESTION DES AMBITIONS

Les mêmes indiscrétions rapportent qu’un groupe d’élus se serait constitué en «plate-forme» au sein de la MP pour négocier aussi avec le président de la République. «Ils seraient déjà au nombre de 125», selon l’éditorial du mardi 7 février 2012 de Télé 50, une chaine de télévision proche du pouvoir. «Est-ce une rébellion interne ?», s’interroge la même source ? Personne ne sait le dire au stade actuel. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a problème au sein de la majorité. Et seule l’autorité morale est en mesure de gérer des ambitions démesurées des uns et des autres et de ramener des «brebis égarées» au bercail pour le bon avancement du processus.

A décrypter la situation de près, il y a lieu d’affirmer que le jeu se corse. D’autant plus qu’au sein de la majorité se recrutent plusieurs frustrés. La cause est simple : les statuts de la MP indiquent clairement que «seuls les partis ayant au moins cinq élus députés ou sénateurs ont le droit de siéger à la conférence des partis politiques membres de la MP». Or, sur les 341 élus qui composeront la majorité parlementaire, se compte aussi l’addition de «petits» partis qui n’ont qu’un, deux, trois ou quatre élus. Ces individus, quel que soit leur poids politique, ne peuvent pas valablement faire entendre leurs voix au sein de la majorité. En plus, quantité n’est pas synonyme de compétence. Voilà qui justifierait la naissance d’une plate-forme au sein de la MP. Et si du côté de la CSJ, on enregistrerait un autre son de cloche, les calculs politiques devraient être revus. Il n’est pas non plus exclu que le statu quo soit maintenu. Tant mieux.

Quoiqu’il en soit, il convient de rappeler que depuis 2006, chaque fois qu’il a été question de partager le pouvoir au sein de la majorité, la gestion des ambitions a toujours brisé la cohésion du groupe. A l’image des enfants de chœur, on recourt chaque fois à la médiation de l’Autorité morale comme dirigeant d’une chorale qui chante en cacophonie.

Mais, s’il y avait une leçon à retenir, les cadres de la majorité présidentielle devraient savoir que «tout royaume divisé contre lui-même devient faible». Plutôt que de les occulter, les erreurs du passé devraient baliser le chemin d’avenir si et seulement si chacun reconnaissait ses limites et appréciait les mérites des autres.

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Le Potentiel
le Samedi 11 Février 2012 à 1:03

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